Si c’est pas de l’amour ça y ressemble !

Quand on vit  avec un animal 24h/24, quand on lit certaines histoires sur la fidélité d’un chien envers son maître ou  sur le comportement de tel ou tel animal envers son propriétaire,  ce n’est peut-être pas de l’amour comme nous humains nous l’entendons, mais les émotions qu’ils ressentent ou manifestent, s’apparentent fort à quelqu’un qui aime quelqu’un d’autre. Par exemple les chiens,  je ne peux pas vous parler des autres animaux parce que je n’en ai jamais eu mais les chiens oui je peux dire que je les connais assez bien car cela fait plus de 20 ans que je vis avec eux. Les câlins, les léchouilles, sauter en jappant, remuer  la queue, se frotter contre son maître, veiller sur lui, exprimer sa joie de le revoir après une courte ou longue absence, veiller sur lui quand il dort, quand il est malade, ….  quelque soit votre état d’esprit, ils sont toujours là présents à vos côtés,  dans les bons comme dans les mauvais moments, ils ne vous jugent pas, ils sont fidèles  quelque soit votre comportement envers .

Si c’est pas de l’amour ça ?

Je vous laisse lire l’article publié dans le  Journal Le Monde 3 septembre 2018 .

Nos animaux nous aiment-ils ?

M’Ouinie.

L’anthropomorphisme, cette tendance à attribuer des caractéristiques humaines aux animaux, n’a jamais connu d’aussi beaux jours que depuis l’avènement des réseaux sociaux. Partout, des images – photos et vidéos – de chats, de chiens, mais aussi de hérissons, de pigeons, de requins-baleines, de lézards ou même d’insectes nous donnent le sentiment que les bêtes aiment, pensent et vivent comme nous. La page Facebook de Buzzfeed Animals rassemble ainsi plus de quatre millions d’abonnés.

Une étude publiée le 22 août dans la revue scientifique américaine PLOS One a relancé le débat. Elle démontre que les aras élevés en captivité « rougissent » au contact de leur soigneuse. La tentation d’imaginer des oiseaux épris de leur éleveuse est grande… « On ne peut pas aller jusque-là, freine Aline Bertin, étho­logue spécialiste du comportement des oiseaux à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) qui a mené l’expérience. Mais le fait que le perroquet cherche à attirer l’attention de sa soigneuse en se penchant sur le côté ou en tirant ses vêtements avec son bec signifie qu’il ressent une émotion positive à son égard. » Une autre étude, publiée le 29 août dans la revue Royal Society Open Science, révèle que les chèvres « préfèrent interagir avec les visages heureux » et fuiraient donc les éleveurs grincheux.

« Emotions positives »

Les scientifiques se cantonnent néanmoins à parler d’« émotions », qui peuvent se mesurer de façon physiologique et ne durent qu’un instant, plutôt que de « sentiments », qui dépassent les situations et s’apparentent à un état de fond. Mais Aline Bertin nous met en garde contre toute surinterprétation : « On peut aisément démontrer qu’un animal est anxieux ou stressé, mais pour un grand nombre d’espèces, il reste difficile de démontrer scientifiquement qu’il puisse être joyeux. C’est un champ de recherche encore balbutiant. » Les équipes de l’INRA continuent leurs recherches sur d’autres espèces (le mouton, le cheval, la caille japonaise, la vache), mais elles se contentent pour le moment de parler d’« émotions positives » ou de l’« attachement » des animaux pour les humains. Pas d’amour.

La psychologue Véronique Servais, qui enseigne l’anthropologie de la communication à l’université de Liège (Belgique), où elle étudie la façon dont on utilise les animaux à des fins thérapeutiques, trouve ces analyses trop timorées. Elle estime que les études récentes et l’intérêt grandissant pour le bien-être animal nous permettent aujourd’hui de parler de leurs ressentis : « Il y a un pas à franchir qui, pour moi, est une évidence. »

Notre article sur   le bien-être des animaux utilisés en thérapies

Anthropomorphisme vs. behaviorisme

Le différend qui oppose les chercheurs ne date pas d’hier. En vogue à la fin du XIXe siècle, l’anthropomorphisme a été réduit au silence par le behaviorisme (de l’anglais behavior, étude du comportement) au début du XXe. Les observations scientifiques qui tentaient de décrire une psychologie animale ont ainsi été rangées dans les tiroirs. A commencer par celles de Darwin qui imaginait que les singes sourient comme nous parce qu’ils sont contents, quand les recherches montrent aujourd’hui que ce « sourire » indique la soumission à un congénère mieux placé dans la hiérarchie.

Pourtant, des exemples mondialement connus ont titillé plus d’un « behavioriste », comme celui du chien Hachikô, au Japon, dans les années 1920. Il avait pris l’habitude d’attendre son maître, un scientifique de l’université de Tokyo, à la gare du quartier de Shibuya chaque soir à la même heure. En mai 1925, le chercheur meurt d’une hémorragie cérébrale en plein travail. Pendant près de dix ans, Hachikô est revenu attendre son maître tous les jours à la gare de Shibuya, attendrissant dans un premier temps les habitués, puis tout le pays par la médiatisation de son étonnante fidélité. Une statue du chien a été dressée devant la gare dès 1934 – avant sa mort, en 1935, où il a été empaillé – et une autre statue réunissant Hachikô et son maître a été inaugurée en 2015 à l’université de Tokyo.

Hormone de l’affection

Que se passait-il donc dans la tête d’Hachikô ? Si les scientifiques avaient pu mesurer son taux d’ocytocine entre les deux guerres mondiales, ils auraient peut-être pu démontrer qu’il éprouvait une affection hors du commun pour son maître.

L’expérience a depuis été menée par des chercheurs japonais à l’université Azabu en 2015, confirmée par une expérience britannique datant de 2016 : les chiens et les chats sécrètent de l’ocytocine, surnommée « hormone de l’affection et de la confiance », au même titre que les humains. Ainsi, quand un canidé est sollicité et cajolé par « son » humain, son taux d’ocytocine peut augmenter de 57 %. Contre 12 % seulement chez les félins… De quoi confirmer toutes les thèses sur le désintérêt des chats pour notre espèce.

Notre article sur   l’ocytocyne, la dose de chimie entre maître et chien

La sécrétion d’ocytocine est réciproque et passe par le regard : les chercheurs montrent dans ces mêmes études que l’hormone est plus présente dans le cerveau des humains après avoir joué avec leur compagnon qu’avant.

La chercheuse Véronique Servais dénonce un paradoxe dans notre compréhension des animaux. Dans les années 1960, le primatologue américain Harry Harlow a, par exemple, étudié l’amour maternel en observant la race des macaques rhésus. Il a prouvé que les bébés primates privés de leur mère étaient atteints de pathologies comportementales graves. « Ces études-là ont été faites pour parler de l’amour maternel chez les humains !, s’étonne Véronique Servais. Vous voyez tout le paradoxe : on observe des singes pour tirer des conclusions sur l’amour du nourrisson pour sa mère, mais on refuse de parler d’amour chez les singes. »

Par Adrien Naselli, journaliste à Le Monde 

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